Publié le mercredi 4 février 2009

Réflexions du fauteuil : un début d’année difficile pour les citoyens écologistes

04 02 2009

Banlieusards de Montréal se rendant au travail en 2012

 

Depuis quelques semaines, il y a des problèmes énormes dans deux dossiers qui affectent la conscience écologique des citoyens. Les pannes, les retards et le mauvais service des trains de banlieue et la menace de fermeture du centre de tri de Montréal.

Les trains de banlieue connaissent un succès grandissant depuis une quinzaine d’années. De plus en plus de banlieusards délaissent leur voiture pour profiter d’un service de transport rapide, sécuritaire, économique et écologique vers le centre-ville de Montréal. À la lumière de ce qui se produit depuis le début de l’année, on dirait que l’Agence métropolitaine de transport (AMT) est victime de son succès et de son incapacité à gérer l’augmentation de la demande. Les pannes, les retards et les annulations ne cessent de se multiplier. Pourtant, cela se produit au moment où l’AMT vient d’investir 13,6 millions pour améliorer le service. Est-ce de l’incompétence ou le résultat d’un sous-investissement constant dans les infrastructures comme les wagons à deux étages qui ne sont toujours pas disponibles? C’est sans doute un peu des deux. Mais si la situation actuelle perdure, les efforts faits depuis des années pour convaincre les travailleurs d’utiliser les trains risquent de tomber à l’eau. Personne ne souhaite se les geler pendant des heures par moins vingt sur les quais en attendant le train ou passer des longues minutes coincé comme une sardine dans les marches d’un wagon parce qu’il est plein à craquer.

On s’émerveille depuis des années du succès des trains de banlieue tout simplement parce qu’avant il n’y avait rien. Mais si on compare ce que nous avons maintenant avec les services offerts aux banlieusards des villes européennes, nous avons un service digne du tiers-monde. Un service disponible seulement aux heures de pointe, sur un nombre de lignes limitées, avec une quantité de trains et de wagons insuffisants dans un confort inacceptable pour la majorité des usagers. Pour corriger la situation, il va falloir un jour qu’un gouvernement ait le courage de prendre des mesures extrêmes pour favoriser le transport collectif. Ça veut dire instaurer le péage sur les ponts et les autoroutes, augmenter la taxe sur l’essence, instaurer une taxe sur l’achat de véhicules énergivores, etc. Il n’y a pas cent mille moyens pour le financer. Il faut faire payer ceux qui préfèrent utiliser leur voiture en abusant des infrastructures routières et en polluant l’air que même les piétons respirent. Désolé pour le futur payeur, mais l’argent ne pousse pas sur les voies ferrées.

Pendant ce temps-là, les centres de tris crient famine à cause de l’effondrement du prix des matières premières. On a vu à la télévision ces centaines de ballots de papiers d’une tonne empilés dans les entrepôts du centre de tri de Montréal parce qu’ils ne se vendent plus. Le propriétaire de l’entreprise a même offert de les donner pour s’en débarrasser. Il a déclaré perdre 150,000 $ par semaine. Il a demandé à la ville et au gouvernement du Québec de l’aider, mais ils ont refusé jusqu’à maintenant. La conscience écologique des citoyens qui recyclent est touchée de plein fouet. On se doutait déjà qu’une partie de nos déchets recyclables était envoyée au dépotoir, mais là nous avons la preuve que ça ne sert plus à rien de recycler le papier. Qu’en est-il du plastique et des autres matières, je ne le sais pas. Personnellement, ma ferveur de recycleur vient d’en prendre un coup et je ne suis sans doute pas le seul. Si on ne trouve pas un correctif rapidement, tout le travail fait depuis deux décennies pour convaincre les citoyens du bienfait de prendre leur responsabilité en la matière va s’effondrer.

Dans les dossiers écologiques, on fait beaucoup de surplace, un pas en avant, un pas en arrière. Nos consciences et celles de nos dirigeants politiques suivent les coûts de l’essence, très élevée quand elle coûte 1,50 $ le litre et élastique quand ça redescend à 85 cents. Va falloir faire preuve d’un peu plus de rigueur si on vent que ça change.

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